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Sophie : « J’aime les podcasts qui réussissent à créer une atmosphère intime »

Sophie, bruxelloise de 37 ans, inaugure notre série de portraits d’auditeurs. Sa rencontre avec les podcasts, il y a quelques années, a changé sa vie.

J’ai skypé avec Sophie un lundi matin. Cette Bruxelloise est l’une des premières à m’avoir envoyé un message, le jour même où j’ai lancé mon appel aux auditeurs. Son histoire, joliment écrite, m’a tout de suite intriguée : « J’ai découvert les enregistrements et les partages d’histoire de vie lors d’un voyage à New-York, un dimanche matin, en me baladant vers le pont de Brooklyn. La ville se réveillait, portant quelques stigmates de la veille, une chemise sur un banc, une bouteille de gin à côté d’une poubelle, des cigarettes, tombées d’un paquet. Au milieu d’une place, j’ai vu un container, je m’en suis approchée, la porte était ouverte, je suis entrée et j’ai commencé à discuter avec deux personnes travaillant pour Storycorps, une société qui enregistre les histoires des Américains et les rend disponibles dans une grande bibliothèque virtuelle. »

Dès son retour en Belgique, Sophie quitte son travail : elle veut prendre le temps de créer ses propres podcasts. Elle en produit quelques uns mais n’est pas satisfaite du résultat. De toute façon, elle est vite rattrapée par l’actualité : grâce à une amie, elle croise la route de réfugiés qui lui donnent envie de lancer l’association Refugees got talent : « Je fais leur promotion à travers leur art. On monte des expositions, des concerts, on va dans les écoles… »

Mais la radio n’est jamais très loin : en novembre, Sophie se rend au festival organisé au Hasard Ludique pour les quinze ans d’Arte Radio. Là, elle aperçoit Silvain Gire, directeur éditorial, assis  seul avec un café et un livre. Elle s’approche ; leur conversation dure une demi-heure. « Il m’a dit : Ton intro doit être excellente. Tu dois faire envie dès les premières secondes. » Et surtout : « Ecoute des podcasts. » A ce moment-là, elle ne connaît quasiment que Transfert. Elle se met à en écouter beaucoup plus : Nouvelle Ecole, par exemple, une série d’entretiens intimistes. Elle réalise que, si Antonin parvient à dix mille écoutes par épisode, c’est entre autres parce que ses invités ont déjà une grande audience. Après avoir interviewé des anonymes, elle se tourne donc vers des personnes plus influentes, comme Myrna Nabhan, journaliste belgo-syrienne auteure d’un reportage sur Damas : « Son relais va me permettre de toucher des personnes qui ne connaissent pas mon podcast », souligne Sophie.

« Ce que j’aime, c’est les podcasts qui réussissent à créer une atmosphère intime. » Pour elle, Lauren Bastide excelle dans l’exercice avec La Poudre. « D’ailleurs, elle enregistre dans une chambre d’hôtel. La symbolique du lieu est très forte. » Ce que Sophie aime dans les voix de ses podcasts préférés, c’est qu’elles libèrent la vue. Un son qui l’a particulièrement marquée ? « C’est maman » : ce podcast d’Arte Radio est une suite de messages de mamans sur le répondeur de leurs filles ». Pour notre auditrice, « C’est le top du podcast vite fait mais super bien fait. Le podcast « rayon de soleil ». Qui te fait sourire, tu vois ? » s’amuse-t-elle.

Ce qu’elle aime moins ? Les podcasts avec beaucoup de bruitages, si ces derniers ne servent pas le récit. Elle leur préfère ceux qui laissent la voix nue, avec éventuellement un laéger support musical, voire un interlude musical si nécessaire. « Sans phare, sans artifice. » 

Pour élargir son radiophonique, Sophie se laisse surprendre : « C’est comme une boîte de Pandore d’où sortent d’autres idées, d’autres formats… C’est la preuve que c’est quelque chose de vivant ! » 

Pour découvrir les productions de Sophie, rendez-vous sur son Soundcloud.

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