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Delphine, auditrice : « Les podcasteurs sont un peu nos amis imaginaires »

Rencontre avec une bijoutière qui écoute des podcasts toute la journée, penchée sur son binoculaire.

Malgré un rendez-vous donné sur Skype, ma discussion avec Delphine s’est poursuivie par téléphone. Il faut dire qu’elle habite dans un coin un peu perdu, à la frontière suisse, où la connexion est assez mauvaise. Heureusement, sa conversation agréable et facile a compensé les petits cafouillages techniques : nous avons pu parler podcasts pendant un peu moins d’une heure, pendant qu’elle préparait le repas du soir.

Depuis ses études en bijouterie, Delphine travaille en Suisse. Là-bas, elle ne capte pas la radio française ; munie de son petit iPod, elle se tourne donc vers l’écoute en différé. De la radio de rattrapage, oui, mais pas seulement : elle découvre aussi les podcasts natifs avec le suisse Utopod, qui propose des lectures à haute voix de nouvelles de science-fiction, fantastiques ou de fantasy : « Je ne connaissais même pas encore le terme de podcast natif », précise Delphine. Mais son vrai dada, c’est l’histoire : en recherchant des podcasts sur le sujet, elle tombe sur Timeline, anciennement Temporium, ou encore les émissions du Collège de France. « J’ai trouvé ça un peu ardu », admet-elle.

Ce n’est que lorsqu’elle s’inscrit sur Twitter que notre radiophile découvre des nouveaux podcasts en cascade. Elle se met à Transfert : « Au début, j’ai eu un peu de mal… Je trouvais ça glauque ! » La deuxième saison lui convient mieux. Même si elle écoute beaucoup de documentaires – Arte Radio notamment, depuis trois ou quatre ans – elle se passionne également pour des talks comme After Hate. Ces conversation un peu pointues sur la pop culture lui plaisent énormément, même si elle a du mal à suivre certains sujets comme les jeux vidéos. Même chose pour Studio 404 : si elle écoute quelques épisodes pour l’ambiance, elle trouve les sujets tech un peu trop pointus pour elle.

Pour partager sa passion des podcasts, Delphine peut compter sur un collègue aussi mordu qu’elle : « On se tire un peu la bourre, on s’envoie tout le temps de nouvelles émissions ! » Elle le convertit à Histoires de darons de Fabrice Florent– elle-même est complètement accro à ces entretiens sur la paternité – puis à The Boys Club, le podcast de Madmoizelle sur la masculinité. Delphine essaie justement d’amener des gens au podcast en ciblant leurs centres d’intérêt : elle a par exemple partagé l’épisode d’Histoires de Darons sur l’autisme avec une amie qui s’occupe d’enfants autistes.

Elle-même n’hésite pas à s’inspirer de ses podcasts préférés pour sa vie de tous les jours. C’est notamment le cas des thèmes liés à l’éducation des enfants. Maman d’un garçon et d’une fille, elle se pose beaucoup de questions sur les stéréotypes de genre qui peuvent affecter les enfants dès le plus jeune âge : « Certains épisodes des Couilles sur la table m’ont beaucoup interrogée sur la façon dont j’élève mon fils », explique-t-elle.

Les podcasts peuvent apporter des conseils de vie, mais aussi du réconfort. Pour Delphine, c’est le cas des sujets sur la procréation médicalement assistée : la jeune femme, qui a conçu ses enfants par fécondation in vitro, a été particulièrement touchée par un épisode du podcast de Fabrice Florent, dans lequel un jeune papa partage sa propre expérience de ce parcours compliqué au côté de sa compagne. Mais aussi par Il était une fois la PMA, série documentaire d’Elodie Font pour Cheek Magazine.

« En fait, les podcasteurs sont un peu nos amis imaginaires ! s’exclame Delphine. Qui ajoute : « En ce moment, j’écoute Discorama le matin dans la voiture : quand je ne suis pas d’accord avec eux, j’engueule le poste… »  

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