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Une adolescente face à la tentation du djihad

Cette nouvelle série documentaire des Pieds sur Terre (France Culture) raconte le parcours d’une mère face à la radicalisation religieuse de sa fille.

Un jour de 2014, le téléphone sonne chez Nathalie, dans sa grande maison de Trappes : « Votre fille est prévue pour un enlèvement vers la Syrie le 18 octobre. » A l’autre bout du fil, Dounia Bouzar, directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires. Pour Nathalie, qui n’avait rien vu venir, c’est un véritable coup de tonnerre. Mais elle n’a pas le temps de réfléchir longtemps : elle doit agir vite pour empêcher ce départ, en espérant que tout rentrera rapidement dans l’ordre.

Or, c’est le point de départ d’une lutte épuisante pour comprendre Emma, sa fille de 15 ans récemment convertie : Nathalie tâtonne, oscille entre bienveillance vis-à-vis de ses fréquentations pour garder le lien avec l’adolescente, et surveillance étroite pour la protéger. Pas simple dans une ville où les réseaux salafistes se sont implantés insidieusement et recrutent jusque dans les fast-food. Face au dédain des pouvoirs publics, elle cherche du soutien auprès d’amies dont les filles se sont aussi radicalisées. A travers leurs expériences, elle entrevoit le pire, le scénario qu’elle veut à tout prix éviter…

« J’ai fini par prendre conscience de la multiplicité des façons d’accrocher ma fille. Il y avait une espèce de toile d’araignée qui convergeait vers ma fille. Je me suis rendu compte que je n’arrivais à la mettre en sécurité nulle part. »

Dans cette série intitulée « Ma fille sous influence », produit par Les Pieds sur Terre (France Culture), Rémi Dybowski-Douat et Laure Marchand suivent l’histoire d’un conflit familial et racontent, plus généralement, l’impuissance de la société face à l’embrigadement de ses jeunes dans l’islam radical. Le personnage d’Emma, absent tout au long du documentaire, se dessine dans les voix de ses proches. Et lorsqu’elle appelle sa mère, on tend l’oreille pour entendre sa voix, faible, lointaine et en même temps précieuse : c’est le seul contact qu’on aura avec elle.

Les cinq épisodes, aussi passionnants qu’haletants, rappellent « Mes années Boum », qui mêlait déjà documentaire, drame et suspense : là encore, l’exercice est réussi. Et apparemment, ce ne serait que la première saison… A suivre !

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