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Au centre pour jeunes migrants de Pantin, des adolescents comme les autres

Julien Cernobori a passé six jours dans le centre pour jeunes migrants de Pantin. Il en a rapporté plusieurs portraits d’adolescents, forts et touchants.

Quand on parle de migrants, c’est souvent pour évoquer des chiffres. Pour les jeunes migrants, c’est la même chose: en 2017, 25 000 mineurs non-accompagnés sont arrivés en France, parmi lesquels 15 000 ont été pris en charge par les autorités. Les 10 000 autres se sont retrouvés livrés à eux-mêmes. Si les chiffres sont importants, ils font du mot « migrant » un terme générique, imprécis, et, surtout, réducteur.

Julien Cernobori – déjà connu pour la série Superhéros de Binge Audio – s’est rendu au centre de Pantin, en région parisienne, où Médecins sans frontières offre un soutien administratif, juridique et médical à ces jeunes isolés. Là, il y a découvert plus que des migrants : des adolescents. Ils parlent de musique, de sport, des études qu’ils rêvent de faire… « Tout ce dont parlent tous les adolescents du monde », estime Julien Cernobori, qui signe une série en six épisodes intitulée Le centre du monde.

Dans le centre, il croise Ibrahima, qui se promène avec une balle de basket dans son sac. Il rêve de devenir basketteur. En attendant, il joue dans la rue. « Je ne connais pas bien le centre, dit-t-il. Je suis venu chercher un livre sur Nelson Mandela… parce que je l’aime, j’aime son histoire. C’est un homme courageux. » 

Evidemment, leur jeunesse est loin d’être ordinaire. Ils ont traversé plusieurs pays, subi des violences, et même en France, ces jeunes se retrouvent dans la plus grande précarité. Certains sont en transit et n’ont droit à rien car ils ne demandent pas l’asile en France. Les autorités peuvent aussi mettre en doute leur statut de mineur. « Ils se déclarent mineurs : nous les prenons en charge », tranche Corinne Torre, cheffe de mission MSF France. « Et puis, même si certains ont 18 ans et dix jours, est-ce qu’on considère pour autant qu’ils n’ont pas besoin de soutien? »

Au cours de ses six jours en immersion, Julien Cernobori a discuté avec plusieurs de ces jeunes : sa nouvelle série documentaire donne chair à des adolescents trop souvent réduits à leur statut de migrant. Avec sa voix qui sait mettre ses interlocuteurs en confiance, il n’hésite pas non plus à faire parler les employés (psychologue, infirmière…) croisés à la machine à café: « Ils viennent chercher chez moi de l’énergie, mais moi ils me transmettent de l’énergie, de l’espoir, affirme une assistante sociale. Ils ont vécu des trucs de fou et ils sont toujours là… Ça me donne foi en l’être humain. »

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