A

Allô 115 : celui qui aidait les sans-abri

Pour Le Mégaphone, Fabrice raconte ses nuits au 115, numéro d’urgence pour les sans-abri.

« J’ai toujours hésité entre mettre une balle dans la tête ou mettre une couverture sur les épaules du mec ou de la nana. » C’est avec cette affirmation franche, brutale, presque dérangeante, que s’ouvre « Confidences au 115 », une mini-série du podcast Le Mégaphone. Dimitri Régnier, podcasteur indépendant, tend son micro à Fabrice, ancien travailleur social au 115, le numéro d’urgence pour les personnes sans-abri.

La nuit, il répond à des centaines d’appels. En sachant, parfois, qu’il n’y avait qu’une dizaine de places d’hébergement. Il faut alors jauger la situation des appelants : qui va-t-on mettre à l’abri cette fois ? Il passe plusieurs minutes, voire plusieurs heures au téléphone avec des personnes qui sont, souvent, en situation de détresse. Ensuite vient la colère : « On en est là ? On en est réduit à ce que des mecs dorment sur le bitume ? » 

On découvre, par exemple, le destin de Bruno, qui après être parvenu à trouver un travail, un appartement, n’a pas pu supporter la solitude. Alors il a tout lâché: il est retourné à la rue.

Aujourd’hui, la situation est inversée : c’est Fabrice qui répond aux questions. Au fil des anecdotes se dessinent plusieurs sentiments: parfois une incompréhension face à l’inaction des pouvoirs publics, parfois une grande colère.

Si c’était à refaire ? Il le referait sans hésiter. « Ça m’a appris le rire, et plus encore. J’ai réussi à prendre de la hauteur, de la distance, à voir les choses d’un peu plus loin… parce que je suis allé les voir d’assez près. »

CategoriesDocu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.