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Au micro de Radio Parleur, gilets jaunes et colère noire

Alors que le mouvement des gilets jaunes tourne à l’insurrection, le média alternatif Radio Parleur fait entendre les voix brutes de ces révoltés. Immersion au coeur des manifestations.

« La gauche est hypocrite et la droite est méprisante. » Au micro de Clara Menais, reporter pour Radio Parleur, un « gilet jaune » s’insurge contre les étiquettes politiques que l’on tente d’accoler au mouvement. En pleine manifestation du 24 novembre, à Paris, la tension est palpable. Les voix se succèdent alors que, en arrière plan, on entend des bruits de vitres brisées. « C’est plus de la vie, c’est de la survie », s’exaspère une femme après avoir énuméré les impôts et les charges qu’elle et son mari doivent payer et qui les empêchent, eux et leur enfants, de manger correctement.

Une semaine plus tard, lors du troisième volet d’une contestation qui tourne à l’insurrection, Radio Parleur est encore présent. Cette fois, c’est Ivan Vronsky qui tient le micro : « Je suis là pour faire capoter le système ! » s’exclame Youssef, 33 ans, qui se présente comme un banlieusard. « Quand la banlieue ne vient pas se présenter à des événements pareils, c’est une disgrâce de sa part. C’est comme s’ils se rangeaient de l’autre côté de la ligne avec nos bourreaux. » Son intervention est interrompue par un mouvement de foule provoqué par des gaz lacrymogènes.

Puis c’est Assa Traoré elle-même qu’on entend, la soeur d’Adama, un homme de 24 ans décédé à la suite d’une violente interpellation en 2016, à Beaumont-sur-Oise. « Il ne faut surtout pas laisser le terrain à l’extrême-droite », soutient la présidente du collectif « Justice pour Adama » alors qu’elle prend la défense des quartiers populaires.

Radio Parleur, issue du mouvement Nuit Debout, est le média de toutes les luttes. Ses reporters bénévoles sont présents au côté des gilets jaunes, à Paris comme à la Réunion, mais aussi à Notre-Dame des Landes ou encore auprès des livreurs Deliveroo qui se battent contre la baisse du prix des courses. Deux ans après leur lancement, ils ont déjà réalisé pas moins de 300 reportages, accessibles gratuitement et sans publicité.

« Les reporters sont des journalistes, certains débutent mais les créateurs eux sont issus des grandes radios généralistes », explique Ivan, qui a couvert la manifestation du 1er décembre.

Ce 7 décembre 2018, Radio Parleur organise justement une rencontre autour de la question : « Pourquoi un média libre dédié aux luttes ? » Rendez-vous au Bar Commun (Paris 18e) à partir de 19h.

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