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Podcast en freelance : 6 leçons que j’ai apprises en un an

Après une année à travailler dans le podcast en freelance, et au moment d’affronter la rentrée, je fais le point sur l’année écoulée et les leçons apprises. De quoi, peut-être, aider les podcasteurs et podcasteuses en herbe !


Après un été calme sur Radiotips, et malgré tout chargé pour moi, je suis de retour pour un article à la première personne !

Cela fait un peu plus d’un an que je travaille dans le podcast : mon premier documentaire, sur une secouriste à la manif du 1er mai, est sorti en juillet 2018. Mais c’est à partir de l’automne que j’ai réellement commencé à en vivre, à la fois en écrivant des articles sur le sujet pour des tiers et en réalisant des podcasts pour des marques. A partir de janvier, j’ai eu l’occasion de collaborer avec Binge Audio pour son émission d’actualité Programme B – avec un reportage sur la fraude dans la recherche d’appartement et, plus tard, un autre sur le quartier de la Plaine à Marseille.

Actuellement, je travaille sur deux gros projets de podcasts, dont un sur les manifestations pour Slate.

En un an, j’ai connu les joies et les déceptions de la vie de freelance, qui plus est dans un domaine en plein développement. Avant, si on était pigiste en radio, on ne pouvait travailler quasiment que pour Arte Radio ou Radio France. Mais aujourd’hui, il existe plusieurs studios de podcasts, et on ne compte plus les entreprises ou titres de presse qui se lancent dans l’aventure. Autant d’opportunités pour les podcasteurs et podcasteuses qui, à l’approche de la trentaine, décident de quitter leur job salarié pour consacrer leur vie au son.

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire une pause le temps d’une soirée, de lever le nez de mon logiciel de montage, pour partager avec vous les leçons apprises en un an de freelance dans le podcast.

#1 : Il y a plein d’opportunités de travailler dans le podcast

Bonne nouvelle : si souhaitez vous lancer à plein temps dans le podcast, les opportunités sont là. Vous pouvez en effet travailler avec des studios de production– comme Arte Radio, Nouvelles Ecoutes, Binge Audio ou Louie Media – ou des entreprises qui vous paieront pour du “brand content”, c’est-à-dire un podcast qui valorisera leur image de marque. Il y a, aussi, de nombreux titres de presse qui ont lancé une ou plusieurs émissions, comme le magazine Géo avec In the food for love.

Les producteurs sont à la recherche de talents capables d’écrire, de réaliser et de monter. Si les studios disposent de réalisateurs qui s’occuperont souvent du montage final et du mixage, vos interlocuteurs dans les entreprises ne seront en revanche pas experts sur les questions techniques. Dans ce cas, vous serez sans doute seul.e à la barre !

Si vous souhaitez produire votre podcast, vous devrez le pitcher directement aux studios et les entreprises. Ce sera à vous de faire le travail de prospection, d’identifier ceux qui seront le plus susceptibles d’être intéressés par votre projet, et de les convaincre en quelques lignes.

C’est le moment où jamais d’oser proposer cette idée que vous gardez depuis plusieurs semaines dans un coin de votre tête !

#2 : Il faut s’entourer d’autres podcasteurs et podcasteuses

L’ennemi numéro 1 quand on travaille en freelance, c’est l’isolement. Pas seulement pendant vos journées de travail proprement dites, mais en général.

Or, il est essentiel de vous entourer d’autres podcasteurs et podcasteuses indépendant.e.s, notamment pour entendre les retours d’expérience, développer vos compétences techniques, connaître les tarifs en vigueur, avoir des retours sur votre travail…

Dans le podcast comme dans tous les domaines, la connaissance est une arme. C’est ce qui vous aidera le plus dans les moments de doute.

Pour cela, vous pouvez soit participer aux événements autour du podcast dans votre ville, soit rejoindre un groupe d’entraide sur les réseaux sociaux. Vous pouvez également contacter le réseau Podcastéo et découvrir son espace de discussion.

Bref, ne restez plus seul.e et rejoignez la communauté des podcasteurs !

#3 : Il faut défendre ses tarifs

Non, le podcast ne coûte pas aussi cher que la vidéo. Mais ce n’est pas pour cela que vous devez vous brader. Souvent, vous devrez utiliser votre propre matériel, financé avec vos fonds propres. Et vos journées de travail méritent une rémunération à la hauteur de vos efforts.

Quand j’ai commencé à travailler dans le podcast, j’avais un vrai syndrome de l’imposteur. En fait, je ne me pensais pas suffisamment experte pour demander des tarifs trop élevés.

Mais en discutant avec d’autres personnes dont c’était le métier (cf. point #2 de cet article), y compris des personnes qui débutaient comme moi, je me suis rendu compte que les tarifs qui me paraissaient mirobolants étaient loin de l’être : de la préparation des entretiens au montage, en passant par la réalisation des interviews et les multiples mails échangés avec vos clients, la production d’un podcast prend au moins plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon l’importance de votre projet.

N’hésitez donc pas à défendre les tarifs qui vous paraissent justes et à les défendre si un client vous trouve trop exigeant.e. Bien sûr, cela n’exclue pas la négociation : sachez rester souple, dans une certaine mesure. Mais en vous bradant, en tirant les prix vers le bas, vous feriez du tort non seulement à vous mêmes, mais aussi à toute la profession.

Puisqu’on parle d’argent, sachez également que comme tout.e travailleur.euse indépendant.e, vous aurez sûrement à effectuer des relances pour le paiement de vos factures. Ce n’est pas normal : dans la mesure où vous-mêmes respectez les deadlines, on vous doit également une rémunération dans les délais impartis. N’hésitez pas à user de fermeté : le podcast n’est pas un loisir, c’est votre travail !

#4 : Il faut apprendre à gérer les refus

Ah les refus… On aimerait tous qu’ils n’arrivent jamais et que tous nos projets soient acceptés, surtout ceux qui nous tiennent le plus à coeur. Malheureusement, on vous dira plus souvent non que oui, et vous devrez vous y habituer.

Certains producteurs motiveront leur refus, même s’il ne s’agit que de quelques lignes. Prenez ces retours, ils vous aideront à progresser ! Et quoi qu’il arrive, même si c’est difficile, n’en prenez pas ombrage. Peut-être que votre projet ne correspondait pas à la ligne éditoriale de la boîte, peut-être que vous ne l’avez pas bien pitché, ou peut-être qu’il était tout simplement bancal…

Dans tous les cas, il faut savoir aller de l’avant, aller chercher d’autres idées ou peut-être retravailler la première. Si vous travaillez d’arrache pied, un jour, promis, on vous dira oui !

#5 : Il faut faire écouter ses productions pour s’améliorer

Vous êtes peut-être un génie. Mais c’est plus probable que vous ne le soyez pas. Le mythe de l’artiste doué.e en tout, et qui atteint le chef d’oeuvre uniquement par ses propres moyens, cela reste assez rare. En réalité, les meilleurs podcasts sont le fruit d’un travail d’équipe, et ce même s’il y a une personne qui supervise le tout.

Or, pour s’améliorer, il faut non seulement écouter ce qu’on fait, mais surtout le faire écouter. Quand on a le nez sur son logiciel de montage, qu’on bouge des pistes, des régions, qu’on fait des coupes dans tous les sens, on peut vite en oublier de tendre l’oreille. C’est pour cela que votre entourage, vos collègues, vos producteurs seront d’une aide incomparable : c’est eux qui vous diront ce qui fonctionne ou pas, qui vous signaleront les longueurs et les transitions ratées.

N’oubliez pas que ce que vous faites, ce n’est pas pour vous mais pour des auditeurs. Alors plutôt que de chercher à délivrer à tout prix un produit fini mais bancal, envoyez vos sons autour de vous, prenez tous les retours et remettez-vous à la tâche.

Les modifications de votre projet, ce sera 80 % de votre travail. Mais c’est le prix pour obtenir le meilleur podcast possible !

#6 : Il faut aimer le podcast

C’est la base. Et c’est assez logique. Si vous voulez travailler dans le podcast, il faut être passionné.e.

Il faut aimer en écouter, d’abord, parce c’est ce qui stimulera votre imagination pour vos propres projets. Pour les miens, notamment ceux sur lesquels je travaille en ce moment, je n’hésite pas à écouter et réécouter mes émissions préférées. Parfois même, je  reviens en arrière pour m’attarder sur un passage particulier : une voix, une transition, un rythme, un silence.

Ce que j’aime, je le note et je le ressors au moment de la réalisation de mes propres podcasts. Est-ce que ce type de fond sonore ne marcherait pas là, à tel endroit de l’épisode ? Est-ce que telle transition ne fonctionnerait pas mieux si je m’inspirais de ce qu’a fait l’animatrice de ce podcast que j’ai adoré ? Est-ce que mes phrases ne gagneraient pas à être simplifiées, comme celles des productions que j’écoute ?

Ensuite, il faut aimer créer. Non seulement cela prendre du temps, mais en plus vous serez seul.e à plusieurs étapes de votre projet, de l’écriture à la réalisation.  Derrière un podcast réussi, il y a des heures de travail acharné, de ratés, d’élans de motivation et de démotivation.

Gardez en tête votre projet final, comme un horizon, et vos journées de travail seront plus douces !

J’espère que ces quelques leçons aideront ceux et celles d’entre vous qui souhaitent se lancer dans le podcast. De mon côté, cela m’aura permis de faire le point sur l’année écoulée et de fixer mes objectifs pour celle à venir. Je vous donne rendez-vous dans un an pour faire le point !

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